Test Marantz SR5006 : un ampli 7.2 taillé pour toutes les musiques

Coeur du tout système home cinéma,  un amplificateur audio/vidéo doit être choisi avec soin. Après plus de 10 années passées avec un Marantz SR7000, j’ai décidé de moderniser mon installation avec un Marantz SR5006. Voilà maintenant plus de 2 semaines que j’utilise cet intégré AV et voici mes impressions sur ce modèle 7.2 connecté.

Présentation du Marantz SR5006

Je ne détaillerai pas ici toutes les spécifications du SR5006 ( je vous invite à consulter le précédent article qui lui est consacré) mais je m’attarderai sur la qualité de fabrication du SR5006. Nous commencerons le tour du propriétaire par le contenu du carton. Celui-ci se résume à l’essentiel : télécommande, guide de mise en route, manuel sur CD-ROM, micro de calibration Audyssey, câble d’alimentation et antennes FM et AM. Par rapport à son prédécesseur, le SR5006 hérite d’une nouvelle esthétique attrayante. Malheureusement, cette nouvelle façade et ces boutons réalisés entièrement en plastique m’ont un peu déçu. Si la finition est correcte, l’aspect flatteur d’une façade massive en aluminium me manque. La connectique arrière me fait meilleure impression. Les borniers pour enceintes par exemple acceptent sans broncher des fiches bananes (droites et non coudées au risque de forcer sur les câbles). La présence d’une entrée audio analogique 7.1 est un gage d’évolutivité appréciable.

Installation de test

Pour tester cet amplificateur, j’ai remanié la configuration de mon installation afin de tirer partie de la section HDMI intégrée. Le SR5006 s’est donc vu relié en HDMI  à une platine Blu-ray Samsung BD-P1600, une PlayStation 3 et un décodeur HDTV SFR. Une platine DVD Marantz DV6004 est connectée par l’intermédiaire d’un câble coaxial S/PDIF. La platine CD Marantz CD6000 OSE dispose quant à elle d’une double connexion analogique RCA et numérique coaxiale. La connexion au téléviseur Samsung LE40C530 est effectuée par un cordon HDMI sans ARC. Le retour audio est donc confié à un simple cordon optique numérique. Dernier point, le branchement au réseau est établie via la seule option disponible : un câble Ethernet. La configuration des enceintes est un classique 5.1. Les voies avant sont des bibliothèques Focal Chorus 706V. La centrale appartenant à la même série est un modèle CC700 V. Les voies surround reposent sur une paire de bibliothèque 2 voies Dual. Les basses fréquences sont reproduites par un caisson de grave Velodyne Impact 10. Sachant que cette question m’a été posée dans les commentaires du petit teasing, j’ai aussi utilisé un casque Sennheiser HD555.

Paramétrage : un OSD très sommaire mais complet

Une fois toutes les sources et enceintes mises en place, la première étape, ô combien cruciale, est la configuration de l’amplificateur. Si Marantz met en avant un Setup wizzard pour une installation par étape simplifiée, celui-ci s’avère assez décevant. En effet, les options proposées ne permettent de paramétrer les enceintes qu’en mode 5.1 ou 7.1. La configuration des sources est elle aussi limitée aux seules entrées HDMI. Bref, pour que votre installation soit exploitable au mieux, il vous faudra en passer par les menus assez austères et une organisation pas toujours optimale. Sachez toutefois qu’il est possible de paramétrer le SR5006 via un navigateur web. Si le design n’est pas plus travaillé, les étapes de saisie se révèlent plus rapide. L’application des paramètres ainsi choisis nécessite encore des manipulations sur l’amplificateur et quelques minutes de patience pour en profiter. Comme vous pouvez le voir, configurer une installation somme toute assez modeste comme celle décrite ci-dessous demande quelques efforts, un peu de temps et une copie à proximité du manuel. Le fonctionnement du HDMI Pass-through en mode veille nécessite par exemple d’intervenir sur le paramètre « HDMI contrôle ». Si tout n’est pas évident, les possibilités sont larges et les installations complexes pourront être gérées dans leur ensemble et avec toutes leurs spécificités.

Audyssey MultEQ XT : une calibration redoutablement efficace

L’optimisation de votre installation home cinéma passe par une calibration précise des enceintes. Avec la technologie Audyssey MultEQ XT, le Marantz SR5006 dispose d’un outil puissant pour paramétrer les niveaux, délais et égaliser la réponse en fréquence des enceintes et du caisson de grave. Nécessitant un environnement silencieux, la phase de mesure avec le microphone fourni est assez rapide. Il est possible de prendre 8 mesures successives afin d’enregistrer jusqu’à 8 positions d’écoute. J’ai, pour ma part, limité cette phase à 3 positions correspondant aux 3 places de mon canapé. La calibration Audyssey est indispensable si vous souhaitez profiter des technologie Dynamic EQ et Dynamic Volume. Le résultat de cette configuration est tout à fait surprenant et il est évident que les écoutes home cinéma s’en sont trouvées largement améliorées.

DLNA et AirPlay : de nouveaux usages pour une vraie complémentarité

La section réseau constitue sa principale nouveauté du SR5006. Certifié AirPlay et DLNA, cet intégré audio/vidéo saura se plier aux bibliothèques et systèmes de diffusion des uns et des autres. L’ accès aux Radio Internet est également de mise et se fait de manière thématique. La navigation par dossier est simple et ne déroutera pas les habitués des environnement informatiques. L’accès aux serveur de stockage DLNA se fait selon le même principe. Pour cette partie en particulier, j’ai utilisé un PC avec les logiciels TVMobili puis Serviio ainsi qu’un serveur NAS Synology DS109j.  Ces trois solutions présentent l’avantage d’autoriser le partage des fichiers MP3, FLAC et WAV à la différence du partage de base de Windows Media Player. La compatibilité jusqu’en 24 bits 96 kHz est bien assurée et la lecture se fait sans difficultés pour les fichiers à compression sans perte FLAC. Si cette fonction d’accès aux fichiers audio est très plaisante, elle permet aussi d’aller chercher une liste de lecture voire d’en créer directement sur l’amplificateur. Il est également possible d’utiliser un service DLNA tier assurant  le « push » de vos musiques. Ce mode de fonctionnement testé avec un téléphone Samsung Wave rendait beaucoup plus simple la lecture de fichiers MP3 contenus sur mon PC directement sur l’amplificateur. La restriction essentielle venant alors des formats supportés par le téléphone et non l’amplificateur. Si la lecture en réseau est très agréable pour redécouvrir sa discothèque, la nécessité permanente de l’affichage sur téléviseur n’est pas toujours des plus  agréables.

AirPlay en complément de choix
La technologie AirPlay chère aux adeptes des produits Apple ou du logiciel iTunes correspond tout à fait à cette dernière utilisation. Une fois iTunes lancé sur un PC connecté au réseau, le Marantz SR5006 est détecté comme un périphérique de diffusion. Il vous suffit alors de sélectionner celui-ci dans le menu et de lancer la lecture de vos fichiers ou playlists. Très simple et très efficace, cette méthode autorise la lecture de tous les types de fichiers reconnus par le lecteur Apple et notamment les musiques encodées en ALAC. Petit plus de cette connexion, le contrôle du volume. Celui-ci n’impacte pas le niveau de sortie des fichiers mais bien le niveau de volume de l’amplificateur lui-même. Les possesseurs d’iPad, d’iPhone ou d’iPod Touch auront vraiment plaisir à exploiter cette fonctionnalité tant sa mise en oeuvre est aisée. Pour les autres, sachez qu’un petit logiciel du nom d’AirFoil permet d’utiliser votre media player favori ou tout autre source audio de votre PC ou Mac en AirPlay.

Ecoute home cinéma

Avec ses fonctionnalités réseau typées haute fidélité, le Marantz SR5006 n’en reste pas moins un amplificateur home cinéma. Et ses prestations dans ce domaine sont plus que convaincantes. Une fois la configuration automatique des enceintes effectuée par le système Audyssey MultEQ XT, j’ai procédé à plusieurs écoute à partir de Blu-ray aux bandes son Dolby TrueHD et DTS-HD Master Audio. J’ai entamé la séance multicanal avec Spider-Man 3 et la scène du combat entre Harry Osborn et Peter Parker. La première impression est relativement flatteuse : chaque mouvement du surf volant de Harry Osborn, chaque effet jouit d’un positionnement très précis. La scène sonore dans le champ et hors champ bénéficie ainsi d’une belle spatialisation. Pour poursuivre, j’ai choisi Tron l’héritage. Musique très présente et effets font de ce mixage un excellent  moyen de juger des facultés de l’amplificateur à détacher les composantes de la scène sonore. Les résultats sont toujours aussi probants. Pour me faire un avis plus global, j’ai terminé par de longues séquences tirées de Batman The Dark Knight. Musique, richesse des effets, ambiance, voix : j’ai passé un moment plus qu’agréable et redécouvert la dynamique et la puissance de cette bande son. A fort volume, le Marantz arrive à tenir le rythme sans provoquer de fatigue auditive. Il s’agit en effet d’un point les plus important à mes yeux. Vous comprendrez que ma satisfaction est quasi totale : précision du décodage, grande capacité dynamique, espace surround cohérent, envie de pousser le volume plus que de le réduire… tout concourt à retrouver la qualité des mixages multicanaux à domicile.

Ecoute haute fidélité

Au vu de la richesse des possibilités d’écoutes et des sources audio, le Marantz SR5006 se veut un exemple de polyvalence haute fidélité et home cinéma. Les premières écoute ont été faites en mode réseau avec des fichiers FLAC en 16 bits 44.1 kHz comme en 24 bits 96 kHz. J’ai aussi fait appel à quelques uns des mes CD favoris en mode analogique pour déterminer le potentiel du SR5006. Sur le Concerto pour Piano n°2 de Chopin, les envolées lyriques sont rendues avec brio. La dynamique est bien respectée les timbres sont restitués avec naturel. Comme en home cinéma, aucun signe d’agressivité ne vient trahir le message et ce même à fort niveau. Sur la version Piano de La Valse d’Amélie de Yann Tiersen, on perçoit quelques limites sur la rapidité de l’amplification : les attaques pourront paraître molles à certains. Les quelques minutes de la chanson California I lay to rest (California) d’Emily Jane White est un vrai bonheur. La douce voix de la chanteuse californienne passe à merveille. Sur des morceaux plus rythmés, tels que Baba O’Riley des Who, on oublie vite l’amplificateur pour se laisser entraîner par le rythme. L’équilibre tonal que ce soit en mode Pure Direct est très bon, on ne note pas de creux et l’assise des basses est bien affirmée. L’image stéréo, si elle est stable n’est d’ailleurs pas des plus amples (à metrte sur le compte des enceintes peut-être). Le passage au mode auto avec application du DynamicEQ sera un précieux allié pour une démonstration plutôt impressionnante avec une tendance physiologique plus marquée. J’ai par exemple opté pour ce mode lors d’écoute de musique électronique tels que Sly II issue de l’album A Space Between US de Craig Armstrong. La sortie casque n’est pas qu’accessoire et viendra suppléer votre système lors des écoutes tardives. Mon Sennheiser HD555 s’est parfaitement accommodé de cette section casque. Je l’ai comparée à celle présente sur le Marantz CD6000OSE qui a toujours servi de référence à mes yeux. Nous ne sommes pas dans l’univers des casques très haute fidélité, mais le rendu est propre, détaillé et sans fioriture avec une réponse en fréquence étendue. En écoute musicale, je dois vous avouer que les amplificateurs de Marantz ont toujours eu ma préférence. Et la signature sonore faite de chaleur et de dynamique de ce SR5006 perpétue la tradition. Nous n’atteignons pas le niveau des meilleurs mais les prestations sont tout à fait satisfaisante en regard du prix demandé.

Conclusion

Complet et capable : le Marantz SR5006 est un très bon outils pour les amateurs de home cinéma qui veulent écouter de la musique et inversement. L’évolutivité vers des blocs de puissances pour les voix avant est un atout pour une intégration dans des systèmes de haute fidélité plus ambitieux. La section réseau n’est pas en reste avec une compatibilité avec les formats audio HD 24 bits 96 kHz de plus en plus courant. La conversion N/A y démontre ses capacités d’analyse mais reste un cran au-dessous du lecteur CD dédié sur les mêmes musiques. Si le DLNA oblige à des manipulations sur l’OSD pour naviguer dans votre bibliothèque musicale, ces habitudes sont de plus en plus courantes chez les mélomanes. Le petit point noir ergonomique tient selon moi à l’afficheur rond au look vintage. S’il offre une vraie personnalité esthétique à ce Marantz, il n’a pas répondu à mes attentes en terme d’affichage d’informations dès lors que la sortie moniteur est désactivée ou inutilisée. Il est par exemple impossible de connaître le format en cours ou le mode surround sans passer par l’OSD. Vouloir enclencher le Dolby ProLogic II lors de la diffusion d’un film à la TV oblige à basculer sur l’entrée HDMI à laquelle est relié l’amplificateur pour peaufiner ses réglages. Il faut alors prévoir un réglage type par source par l’intermédiaire du menu. Après 2 semaines de tests, je suis sous le charme mais encore un peu balbutiant avec l’ensemble des fonctionnalités et l’arborescence des menus pour modifier le comportement de l’amplificateur. S’il nécessite du temps pour sa prise en main et sa pleine exploitation, le SR5006 vaut vraiment le détour. Je recommande chaudement à qui ne sera pas refroidi par ce que je considère comme des failles ergonomiques.

Je vous invite à me poser toutes vos questions et espère avoir répondu à celles issues de mon petit teasing. Un grand merci aux participants qui m’ont guidé pour élaborer mon protocole de test. Vous pouvez trouver le Marantz SR5006 en vente à 799€ sur le site LDLC.com, parmi une sélection d’amplis home cinéma.

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